La secrétaire (4)

La secrétaire (4)
Elle n’oubliera jamais l’instant où Annika est entrée dans cette cave. Elle avait vu une femme approchant de la trentaine, nue comme elle et l’air hagard. Cette jolie blonde toute menue n’aspirait en rien la joie de vivre, semblant résignée à sa vie d’esclave.

Elles se regardaient sans dire un mot. Le visage d’Annika en disait long sur son quotidien. Ses yeux cernés appelaient à l’aide. Elle n’avait pas besoin de dire qu’elle voulait quitter cette vie de pute qui faisait sa routine, son visage le faisait pour elle.

Tina se doutait en la voyant que ce qu’elle a vécu les dernières semaines n’était qu’une infime partie de l’enfer qu’Annika vivait au quotidien. Celui qui serait le sien désormais. Mais elle n’en voulait pas. Elle s’est jurée de mettre un terme à tout ceci à n’importe quel prix.

“- Monsieur Charles m’a ordonné de vous enseigner comment vous deviez vous comporter devant lui et les clients …
– … Les … clients ?
– Vous êtes dans la “maison de passe” de Monsieur Charles. Monsieur veut que vous deveniez une prostituée à ses ordres.
– Mais c’est n’importe quoi ! Je ne suis pas une pute !
– … Maintenant si … Ce que Monsieur veut, Monsieur obtient …
– Non. Je refuse d’être traitée comme la dernière des traînées. Il ne peut pas me faire ça. Je ne suis pas une pute. J’ai encore ma dignité et du respect sur moi-même. Je …”

Annika baissa la tête. Une larme tomba sur le sol. Tina comprit qu’elle venait de la blesser.

“- Je suis désolée, je ne voulais pas dire ça pour toi. Tu sais, je ne sais pas ce qu’il m’arrive et …”

Trop tard, Annika partit sans dire un mot. Tina l’entendit monter des escaliers et fermer une porte. Elle s’en voulu d’avoir pu blesser Annika. Elle qui a dû vivre les pires atrocités que peut lui faire ces “clients”, mais surtout Charles …

Elle se décida à sortir de son clapier. Elle vit une porte ouverte au-dessus d’une série de marches en pierre. Elle monta jusqu’à ce qu’il semblait être le couloir d’entrée. Elle se trouvait dans une maison sans étage. La porte d’entrée présentait une petite fenêtre opaque sur le côté.

Face à elle se présentait trois autres portes. L’une d’elles était fermée. Tina se dirigea sur celle-ci et entendit Annika sangloter. Elle ouvrit la porte et vit sa désormais compagne de l’enfer recroquevillée sur un lit double. Tina était peinée … Elle vint s’asseoir sur le lit. Elle ne dit rien. Elle ne savait pas quelle pouvait être sa réaction. Elle se contenta simplement de lui caresser le bras en signe de consolation. Annika se calma, jeta un œil vers elle et brisa le silence.

“- Je sais qui tu es. Monsieur Charles me parle souvent de toi. Ce que tu as pu vivre au bureau avec lui n’est rien comparé à ce que je vis depuis que je suis son esclave …
– Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser …
– Ce n’est pas grave … J’en vois bien pire avec les clients.”

Une fois calmée, Annika lui déballa tout. Originaire de Suède, elle était venue à Paris à ses 20 ans pour terminer ses études de médecine. Elle s’était trouvée un petit boulot de standardiste chez Baygue afin de pouvoir financer ses études. C’est là qu’elle a rencontré le fils du PDG, Charles. Il avait 16 ans à peine, mais semblait déjà déterminé à vouloir prendre la place de son père dans le futur.

Charles semblait plutôt sympathique. Annika l’aimait bien. Ils parlaient souvent ensemble. Les 2 se rapprochaient un peu plus avec le temps et finirent par coucher ensemble un soir où ils avaient un peu trop bu.

Prise de remords vu le jeune âge de l’adolescent, elle demanda à Charles qu’ils ne se voient plus. Mais au lieu de le voir comprendre et d’arrêter, elle découvrit qu’elle venait de se faire piéger par le jeune homme. Charles l’avait droguée et avait filmé toute la scène en se faisant passer pour une victime de viol. Il menaça Annika de tout révéler à la police si elle ne faisait pas ce qu’il lui disait. Ce qui aurait pu avoir de grave conséquence pour elle, Charles étant encore mineur.

Il l’obligea donc d’arrêter ses études et la fit travailler comme “domestique” à la résidence de la famille Baygue. Elle n’avait de domestique que le nom car Charles se servait surtout de ses services sexuelles pour calmer ses pulsions. Ses seuls moments de répit était lorsque Charles allait en cours et était au service de la mère, souffrant d’un cancer incurable.

Elle y vécut deux ans et découvrit au jour le jour la vraie personnalité de Charles. Il était le genre d’homme qu’il ne valait mieux pas fréquenter. D’un genre sympathique au premier abord, il se révélait être le parfait connard que tout le monde détestait. Un type prétentieux et imbu de sa personne qui n’hésitait pas une seule seconde à vendre père et mère pour ses propres intérêts. Il n’afficha même pas une quelconque émotion lorsque sa mère décéda des suites de son cancer … Il arrivait toujours à avoir ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut.

Pour ne rien arranger, il avait un profond sentiment de mépris envers le sexe féminin. Selon lui, les femmes n’étaient que de faibles personnes, juste bonne à servir l’homme en tout point. Comme l’était devenue Annika.

Lorsque Charles fut majeur, il l’obligea partir de la résidence avec lui. Elle n’avait de toute façon plus rien en dehors des Baygue. Plus d’argent, plus de toit, plus d’études … Ils s’installèrent donc dans un appartement luxueux de la banlieue de Paris.

Charles n’avait pas le même souci économique qu’Annika, mais il ne voulait pas voir son esclave perdre son temps à faire le ménage quand il n’était pas là. C’est là qu’il a eu l’idée de “rentabiliser” son temps libre en achetant un logement d’étudiant qui devint une maison de passe, celle dans laquelle Annika et Tina se trouvaient au moment où elle lui raconta son histoire.

Les clients étaient surtout des étudiants de l’université dans laquelle Charles suivait ses cours. Des mecs de la même trempe venus pour simplement tirer leur coup avec une chienne ou pour assouvir leur vices les plus pervers et inavouables. Vaginale, annale, fist, insertions, étouffement, tout y passe, même les plus inimaginables …

Bien sûr, le soir venu, Charles vint la rechercher et reprit son rôle de domestique, souillée et humiliée, jusqu’au jour suivant. Il arrivait aussi que Charles lui réserve en plus une “Soirée Saillie”, une soirée entre amis où elle sert de vide-couilles aux invités. C’était ainsi depuis 6 ans maintenant …

“- Tu n’as jamais pensé à t’enfuir ?
– Impossible, la porte n’est ouvrable que par un code numérique propre à chaque client.
– Bien ! Profitons d’un moment de distraction au moment où la porte est ouverte pour retrouver la liberté !
– Je ne sais même pas où nous sommes. Monsieur Charles a opacifié toutes les fenêtres de la maison. Tous les matins et soir, il me met une cagoule qui me cache la vue et l’ouïe et m’installe dans le coffre de sa voiture pour m’empêcher de me repérer …
– Ce n’est pas grave ça, tant qu’on arrive à rejoindre une civilisation avec un téléphone …
– Monsieur Charles nous retrouvera avant. Il nous a implanté une puce dans le cou. À peine sortie et une alarme se déclenchera. Il a juste besoin d’appuyer sur un bouton pour nous envoyer une décharge électrique … Il t’a implanté la tienne ce matin si tu veux savoir …
– C’est … c’est impossible !
– Puis à quoi bon s’enfuir … J’ai tout perdu … Ma famille, mes amis à Göteborg me croient morte. Monsieur Charles a fait croire à une disparition et a brulé tous mes papiers … Et ce matin, il a fait pareil pour les tiens devant moi …”

Tina était piégée dans cet enfer. Elle réalisa que toute tentative de liberté et de retrouver une vie normale lui était futile. Elle allait devenir une pute et rien ne pourra faire changer ce destin. Les larmes l’envahirent et éclata en sanglot …

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